Qu'est-ce qu'un herboriste ?

Mis à jour : nov. 16


L’herboriste représente un des plus vieux métiers de l’humanité.

Petite chronologie

L’herboristerie, la médecine par les plantes, ou encore la phytothérapie, est la plus ancienne médecine humaine, les plantes médicinales ayant été employées depuis la nuit des temps.

Dès les origines, l’homme a su puiser dans le monde végétal qui l’entourait des aliments, des remèdes et sans doute aussi des poisons. On estime par exemple que l’homme du paléolithique consommait environ 10 000 espèces animales et végétales différentes. Il existe une longue période, depuis plusieurs dizaines de milliers d’années jusqu’à moins 4 000 ans environ, au cours de laquelle le savoir se constitue peu à peu. C’est par empirisme que se forge un savoir considérable.

Apparaît dans cette période un personnage chargé de collecter les observations, de conserver les échantillons, et de soigner, de ce fait souvent considéré comme en relation avec le monde invisible voire sacré : l’homme-médecine, appelé aussi chamane, guérisseur, sorcier

Pour nos ancêtres, la nature était à la fois hostile et bénéfique : les plantes toxiques étaient la manifestation d’esprits mauvais, tandis que les médicinales étaient l’expression d’une entité bienfaisante. La relation plante-remède-pouvoir est manifeste dès les toutes premières sources écrites de l’Antiquité, où le religieux voire les dieux, le médecin ou l’herboriste sont le plus souvent confondus.

Les plus anciens écrits mésopotamiens, égyptiens, indiens, chinois remontent à moins 3 000, moins 4 000 ans avant l’époque actuelle. C’est dans le delta du Tibre et de l’Euphrate dans l’actuel Irak, région qui fait la jonction entre l’Asie et l’Europe, que l’on trouve les plus anciens documents écrits pouvant mentionner les plantes médicinales. Les tablettes sumériennes de Nippur (2100 av. JC.) et le Code d’Hammourabi (1700 av. JC) font référence à une pratique médicale essentiellement religieuse et magique. Les prêtres-médecins emploient des plantes pour la fabrication de remèdes comme l’aloès, la grande aunée, le grenadier, l’oliban, la moutarde, l’acore, le fenouil, la rose, ou le chanvre indien ; mais ce sont d’abord les dieux et les démons qui donnent la santé ou la maladie. C’est le roi médecin Hammourabi (1730-1685 av. JC) qui est à l’origine du premier code de responsabilité civile et pénale des médecins.

En Inde, les Vedas (1500-1000 av. JC) sont les plus anciens textes sacrés ; ils mentionnent l’usage médicinal et alimentaire de plus de 250 plantes. Les pratiques herboristiques mêlent intimement religion, magie et thérapeutique. La conception de la médecine âyurvédique reconnaît la nécessaire interaction entre le macrocosme (univers) et le microcosme (homme). Des correspondances sont décrites entre les éléments (terre, eau, feu, air) et les différentes parties (solide, liquide, calorique) de l’être humain. Les Perses, les Grecs et les Arabes nous lègueront des éléments de la médecine végétale indienne, notamment de nombreuses épices.

La médecine chinoise au système très élaboré nous est parvenue par le Pen-T’sao (2900 av. JC), œuvre de l’empereur Shen Nong, qui serait le plus vieux livre sur les plantes médicinales. Il décrit des substances d’une incontestable valeur thérapeutique (cannelle, ginseng, réglisse, ginkgo biloba…). Dans la pharmacopée chinoise ancestrale, les drogues sont classées selon leur couleur et leur degré de chaleur (notion que l’on retrouve dans la classification hippocratique des drogues en Occident), ainsi que par leur forme, leur saveur, leur habitat privilégié.

L’Egypte nous a légué un savoir colossal ; le texte le plus ancien et le mieux connu, le papyrus découvert par l’égyptologue Ebers et qui porte son nom, fut écrit à Thèbes en 1600 av JC. Il contient de nombreuses incantations religieuses car à cette époque la maladie est intégrée dans une conception métaphysique qui gouverne toutes les activités humaines, de la naissance à la mort.

Avec Hippocrate (Ve siècle av. JC), commence la médecine scientifique. Celui que l’on appelle parfois « le père de la médecine » établit une science distincte, un métier à part entière, et rejette les croyances et les superstitions qui expliquaient, jusqu’alors, l’origine des maladies. Il fait valoir que les maladies ne sont pas une punition infligée par les dieux mais plutôt la conséquence de causes naturelles : facteurs environnementaux, alimentation et habitudes de vie. L’approche thérapeutique était fondée sur le pouvoir guérisseur de la nature, et sur l’importance de la diététique pour corriger les déséquilibres des humeurs.

Un siècle plus tard, Théophraste propose la première tentative de classification des plantes. Dans son Histoire des plantes, il décrit un grand nombre d’espèces grecques ou étrangères, en donnant leurs usages. Théophraste est le plus grand botaniste de l’Antiquité, il fut la référence scientifique en Europe jusqu’à la Renaissance. C’est également lui, le premier, qui énonce la théorie des signatures, théorie qui suppose que l’action thérapeutique d’une plante ou d’une drogue est marquée par un signal visible, organoleptique, symbolique qui désigne, par la loi de similitude, l’organe malade, défaillant, ou la maladie à atteindre (par exemple, une plante velue sera supposée faire repousser les cheveux).

Au Ier siècle après JC, un médecin grec installé à Rome, Dioscoride, décrit dans son œuvre fameuse, De Materia medica, la préparation et les propriétés de plus de 1 000 substances naturelles, les falsifications possibles ainsi que leurs indications. Remarquablement illustré, c’est le premier véritable traité de pharmacognosie.

Une autre grande figure médicale romaine fut Galien (120-200 ap. JC), qui dominera la pensée médicale jusqu’à la Renaissance. Il codifia les préparations des médicaments, à tel point qu’on parle toujours de galénique pour parler de l’art de la préparation pharmaceutique. C’est lui qui élabora la célèbre Thériaque, à base de plus de cent composants dont l’opium, pour soulager les souffrances de Marc-Aurèle.

La médecine gauloise, malheureusement, est assez peu connue, mais il est très probable que les connaissances médicinales furent importantes. C’est une caste particulière de druides, les Eubages, qui était spécialisée dans la médecine et chargée de cueillir le gui du chêne.

La médecine arabo-musulmane trouve ses bases dans la théorie des humeurs de Galien. Ces humeurs étant antagonistes, l’art du médecin est de rétablir l’équilibre, en les combinant à des degrés divers pour chaque cas particulier. C’est aussi l’apparition de la diététique au sens moderne du terme, avec des systèmes complexes ; par conséquent, la médecine se diversifie et les remèdes sont quasiment personnalisés. Cette médecine sera le refuge des connaissances antiques pendant la période qui a suivi l’effondrement de l’empire romain, marquée par un véritable recul culturel en Occident.

Avicenne en est le plus célèbre représentant, l’un des plus grands médecins et génies de l’humanité. Il est l’auteur du fameux Canon de la médecine, synthèse des doctrines d’Hippocrate, d’Aristote et de Galien, mais aussi des meilleurs médecins indiens, perses, grecs et arabes. C’est un précieux traité où près de 800 remèdes sont décrits, avec des recettes de sirops, poudres et élixirs. C’est lui qui apporte la méthode de distillation en Occident et qui énonce la notion de totum pour la plante, notion qui part du principe que le tout est supérieur à la somme de ses parties. Il est aussi l’auteur de nombreux ouvrages de mathématique, astronomie, zoologie, géographie, minéralogie.

Au Moyen Age, dans un premier temps, le clergé va mettre la main sur la médecine savante ; la bataille avec les corporations médicales laïques durera de nombreux siècles et les « sorciers » et « sorcières », individus non organisés, en seront les victimes. Les monastères sont alors dépositaires de nombreuses traditions et de secrets concernant les plantes médicinales.

(A suivre)

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